PRISES DE POSITION OFFICIELLES
Société des Vétérinaires Suisses: Initiative " Génie génétique " - Prise de position du comité
de la SVS. Le comité de la Société des Vétérinaires Suisses, appuyé par la
majorité des sections régionales et spécialisées, recommande de rejeter l’initiative
populaire pour la protection génétique.
Pourquoi une telle position ?
L’initiative prévoit l’interdiction de la production, de l’acquisition et de la commercialisation d’animaux
génétiquement modifiés. Elle demande en outre l’interdiction de la diffusion d’organismes
génétiquement modifiés. Elle est donc absolutiste et sans nuance.
L’utilisation du génie génétique ouvre des voies pleines de possibilités dans de
nombreux domaines. En médecine vétérinaire il n’est que de penser aux nouvelles techniques
de diagnostic de l’ESB, à la fabrication de vaccins contre la rage ou la leucose féline ou aux possibilités
de production de médicaments biologiques. Les mêmes types d’applications existent aussi en médecine
humaine. En outre la recherche sur les maladies génétiques dépend également de ces
techniques. Enfin, et ce n’est pas le point le moins important, la production de denrées alimentaires, problème
crucial pour notre monde, pourra être favorablement influencée par le recours au génie génétique
et l’emploi de certaines substances chimiques aux effets néfastes (pesticides par exemple) pourra être
considérablement réduit.
En Suisse les textes légaux actuels (art. 24 novies, alinéas 1 et 3 de la Constitution fédérale
et les textes en découlant) garantissent déjà une sécurité maximale et un respect
de la dignité de la créature. En outre le projet Gen-Lex, actuellement soumis à consultation,
prévoit que diverses lois seront modifiées ou complétées pour faire face aux questions
et aux inquiétudes que l’utilisation du génie génétique peut susciter. On se dote ainsi
d’un outil de travail performant permettant de faire face aux problèmes pratiques que peut poser le recours
aux techniques du génie génétique.
Il faut enfin prendre conscience que les interdictions prônées par l’initiative seraient limitée
à la Suisse et que, sans assurer de véritable protection contre d’hypothétiques dangers liés
à l’utilisation des techniques génétique, elles mettraient notre pays sur la touche dans un
domaine prometteur. De nombreuses places de travail seraient ainsi perdues et la recherche fondamentale en matière
médicale serait forcée de quitter la Suisse, ce qui représenterait également un appauvrissement
incontestable pour nos Universités.
C’est donc en se basant sur ces diverses réflexions " caractère absolutiste de
l’initiative empêchant tout progrès et toute réflexion en matière de génie génétique ;
existence de textes légaux satisfaisants et mise en place d’une législation complémentaire
exemplaire ; conséquences pratiques négatives pour la médecine vétérinaire,
la médecine en général et les sciences " que le comité de la SVS recommande
de rejeter l’initiative qui sera soumise en votation populaire le 7 juin prochain.
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