OPINIONS SCIENTIFIQUES

Heidi Diggelmann, Présidente du Fonds national suisse

Pour la recherche en Suisse

La recherche suisse en médecine et biologie jouit d'une très bonne réputation dans le monde, et, grâce à un encouragement ciblé de projets de haute qualité, elle est dans de nombreux domaines à la pointe. Le génie génétique joue depuis vingt ans un rôle central dans ce développement et gagne une importance mondiale croissante. Beaucoup de ses méthodes sont depuis longtemps appliquées de manière routinière sans que cela n'ait causé de danger pour les hommes ou l'environnement.

Les interdits et limitations imposés par l'initiative sur le génie génétique ne rendraient pas seulement impossibles la recherche et la formation dans les domaines porteurs d'espoir de la biologie et de la médecine, mais auraient également des conséquences à long terme sur la pratique médicale, l'agriculture et des secteurs importants de l'industrie dans notre pays. Un sondage conduit récemment par le Fonds national a montré que plus de 2.000 chercheuses et chercheurs de nos hautes écoles seraient directement touchés par une acceptation de l'initiative sur le génie génétique. Beaucoup de groupes de recherche devraient alors interrompre leurs travaux les plus prometteurs, qui font souvent l'objet d'un soutien du Fonds national, et la Suisse perdrait sa place parmi les nations dominantes en matière de biologie et de médecine.

Le Fonds national partage le voeu de la population pour une protection appropriée de l'homme, de l'animal, des plantes et de l'environnement et finance des projets qui poursuivent ces objectifs. Mais les interdits prévus par l'initiative sur le génie génétique dépassent largement ces besoins; ils sont disproportionnés et superflus. Par-dessus tout, ils rendent simplement impossible le développement de nouvelles contributions positives à la solution des problèmes actuels et futurs. Aucun autre pays ne compte de règlement comme celui encouragé par l'initiative sur le génie génétique. Les articles de la Constitution et les bases légales existants, comme aussi l'approfondissement de la législation tel que préconisé par la motion Gen-Lex, offrent à la Suisse la glissière de sécurité nécessaire pour une application responsable, sûre et éthique de la technologie génétique.

(Assemblée des délégués extraordinaire du Parti Radical suisse, 24.1.98 - extrait)