|
Ne cherchez plus, les autres trouveront pour vous !
Le message adressé au monde de la recherche suisse le 27 novembre prochain par les adversaires du génie génétique est sans doute l'un des plus négatifs qui puisse être communiqué. On propose aux chercheurs un moratoire sur le génie génétique vert (agricole)... en attendant sans doute une interdiction définitive.
Il faudrait donc stopper toute application du génie génétique en Suisse durant 5 ans. Qui dit interdiction d'appliquer dit forcément abandon de la recherche. Certes, les entreprises et les instituts suisses pourraient formellement continuer à se creuser les méninges. Mais pratiquement, cela deviendrait pour eux un hobby. Autant cultiver ses rosiers !
Bien qu'il n'y ait pas d'interdiction actuellement, la Suisse a déjà fait beaucoup pour mettre les bâtons dans les roues de la recherche. Qu'on se souvienne de la patate de Changins ou du blé de l'EPFZ et des incroyables obstacles, recours, contestations et autres mesures de précaution qu'on leur a imposés. La Suisse occupe actuellement le 5e rang mondial en biotechnologie végétale, le moratoire la mettrait carrément hors course.
Et pourtant, les OGM sont en Suisse
Le débat est presque irréel, car au fond, les Suisses consomment à forte dose des aliments à base de plantes transgéniques chaque fois qu'ils se rendent en Amérique du Nord ou du Sud. Il y a actuellement des millions d'hectares cultivés dans le monde en maïs, soja et autres plantes modifiées par génie génétique. Dans notre pays, les fourrages fournis aux animaux et les produits alimentaires peuvent aussi légalement contenir des OGM, jusqu'à 1 % pour ces derniers. Au-delà de cette valeur seuil, l'étiquette doit mentionner la présence d'OGM. Et la Suisse voudrait s'isoler ! Elle ferait bien mieux d'apporter sa contribution, par une recherche et une production de grande qualité.
Il est vrai qu'il est difficile de débattre de manière raisonnable, car les adversaires du génie génétique ont depuis longtemps semé les graines de la peur. Ce sont bien les esprits, et non les champs, qui ont été ainsi contaminés. Avec la bénédiction de personnes qui prétendent défendre le consommateur, les mêmes qui avaient à l'époque annoncé que la carte de crédit ruinerait la famille.
econoniesuisse, Vincent Simon, 3 octobre 2005 |