Médicaments génétiques, la victoire des pays pauvres

"L'accord trouvé samedi sur l'accès aux médicaments montre qu'à l'OMC on sait aussi faire passer la santé avant le commerce lorsque c'est nécessaire, pour lutter contre le sida, la malaria, la tuberculose", déclare dans un entretien au Figaro, Pascal Lamy, le commissaire européen chargé du Commerce extérieur. Cet accord "historique" sur la fourniture de médicaments clés aux pays pauvres à des conditions avantageuses a été conclu samedi à Genève à l'OMC, suscitant à la fois des espoirs dans de nombreux pays africains, mais aussi des doutes prononcés de la part des ONG quant à son efficacité pour soulager les millions de malades de ces maladies infectieuses.

Après huit mois de blocage, les 146 pays membres de l'Organisation mondiale du commerce ont donné leur feu vert à l'importation par les pays pauvres de médicaments génériques pour remédier à des problèmes graves de santé publique.

L'OMC a ainsi réglé, dix jours avant l'ouverture de la conférence ministérielle de Cancun, au Mexique (10 au 14 septembre), un dossier particulièrement difficile.

"Un succès à Cancun, estime Pascal Lamy, représenterait un succès pour l'économie mondiale", avare de bonnes nouvelles depuis dix-huit mois. Contre ses détracteurs, le commissaire européen explique en quoi cette organisation est nécessaire pour combattre "les inconvénients" de l'économie de marché. Pour lui, "l'OMC, c'est l'ONU du commerce sans le Conseil de sécurité".

Il veut voir la preuve de son efficacité dans la volonté des pays en développement de la rejoindre. "Je refuse par ailleurs, nous déclare-t-il, que l'on puisse dire que l'organisation n'est pas démocratique. C'est mieux qu'au FMI, où, plus vous êtes riche, plus vous êtes fort. Le principe de l'OMC est: un Etat, une voix."

Le Figaro, 01.09.2003