Il ne faut pas pénaliser ceux qui entreprennent

C'est devenu presque une habitude. Que l'on évoque la recherche sur les cellules souches, concernant les humains ou les OGM, appliquée à la biologie végétale, apparaissent les mêmes fronts et les mêmes crispations.

On trouve d'un côté celles et ceux qui pensent qu'il faut d'emblée interdire, ou à tout le moins verrouiller au maximum et établir des moratoires, et de l'autre ceux qui, en individus responsables et éclairés, préfèrent définir d'emblée les règles du jeu dans un domaine sensible où la connaissance peut et doit encore s'approfondir. Ils refusent d'entraver la recherche et de rendre par ce biais un pays, connaissant par ailleurs un sérieux essoufflement économique et une dette abyssale, perdre toutes ses chances dans des domaines prometteurs sur les plans scientifiques, de santé publique et même des emplois, sans parler même ici de développement économique.

Même s'il n'est pas question dans la discussion sur les cellules souches de parler d'une quelconque commercialisation, le brevetage, instrument d'émulation indispensable à la recherche ne saurait être complètement interdit. Cette attitude qui consiste aussi à dissocier la recherche, jugée "politiquement correcte" de tout argent fait penser aux bien-pensants qui prônent l'amour sans le sexe. C'est vraiment faire preuve d'hypocrisie étouffante. Peut-on pénaliser celles et ceux qui prennent le risque d'entreprendre et de déblayer le terrain? La réponse est "non" ainsi que l'ont compris une majorité de parlementaires.

Pour l'initiative "stop OGM" qui ne concerne que la recherche appliquée, le peuple donnera aussi un signal sur cet aspect, à l'issue d'une bataille qu'on peut prévoir très rude.

Edgar Bloch, L'AGEFI, 19.09.2003