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Le
National ouvre à la recherche les cellules souches embryonnaires
Il aura fallu six heures au Conseil National pour achever, hier,
son débat sur la loi relative à la recherche sur les cellules souches
embryonnaires. Un sujet qui a suscité des vives inquiétudes, voire
de fortes oppositions: l'objet a même failli être renvoyé au Conseil
fédéral. Il a finalement passé par 88 voix contre 53.
Une minorité ne voulait pas de cette recherche: on n'aurait pas
le droit de livrer à la recherche des êtres vivants, même congelés
quelques jours après leur fécondation en éprouvette, même s'ils
ne sont plus destinés à une grossesse et même si cette recherche
vise, à terme, le traitement de graves maladies. La gauche, les
verts et les démocrates chrétiens ont tenté de renvoyé le projet
au Conseil fédéra, estimant que l'article constitutionnel coté en
1992 ne permettait pas ce type de recherche. Il fallait, au moins,
clarifier la situation. Cette proposition a été rejetée, mais de
justesse, par 69 voix contre 62. Les rapporteurs de la commission,
Johannes Randegger et Jacques Neirynck, ont insisté sur les buts
limités de la loi: fixer les conditions dans lesquelles des cellules
souches peuvent être prélevées sur des embryons humains surnuméraires
est voués à la destruction, ceci à des fins de recherche.
La recherche sera, elle-même très encadrée: pas question de produire
des être hybrides, des clones et autres chimères. Un projet de recherche
nécessitera une autorisation de l'Office fédéral de la santé publique
et devra répondre à des critères sévères sur le plan scientifique
et éthique (une commission y veillera). Par mesure de prudence,
les députés ont ajouté une nouvelle restriction: le recours à des
cellules souches d'embryon humain ne sera autorisé que "s'il
est impossible d'obtenir autrement (avec des cellules adultes ou
animales) des connaissances d'égale valeur". De quoi faire
bondir Jacques Neirynck.
On est ici dans la recherche fondamentale sur des processus de
développement de cellules, a-t-il rappelé: "A ce stade, aucun
chercheur ne peut préjuger des résultats avant d'avoir commencé.
Avec de telles restrictions, on n'aurait jamais découvert la pénicilline!".
Il a été battu, de justesse, par 75 voix contre 72.
La question des brevets a également donné lieu à de vifs échanges.
Tout le monde est d'accord pour empêcher le brevetage d'une manière
vivante brute. Mais, le procédé technique permettant de sélectionner
des cellules souches et de les modifier pour obtenir des lignées
utilisables, ce procédé est-il brevetable? Oui, a répondu le National
par 81 contre 73, malgré Maya Graf,qui refusait "tout brevet
sur le vivant". On parle ici de recherche fondamentale , a
dit Johannes Randegger, mais quand il s'agira d'applications médicales,
les investissements (privés) devront être rentables, grâce aux brevets.
Par arrêté urgent, le Conseil national a également approuvé le
report du délai de destruction d'un millier d'embryon congelés dans
les laboratoires suisses. Le Conseil des Etats doit encore s'y rallier.
Situation compliquée. Pour mener une recherche sur des cellules
les souches, il faut bien en prélever sur des embryons. Lesquels?
Les surnuméraires, c'est-à-dire ceux pour lesquels tout projet de
grossesse a été abandonné.
Il en reste ainsi entre 100 et 200 par an. Mais beaucoup ne sont
pas utilisables et la moitié des parents, semble-t-il, ne sont pas
prêts à les livrer à la recherche. Il en resterait une douzaine
par an. Insuffisant.
Mais il y a environ mille embryons qui ont été congelés avant
l'entrée en vigueur (janvier 2001) de la loi sur la procréation
médicalement assistée, une loi qui oblige à détruire ces surnuméraires-là
avant 2004.
L'arrêté urgent repousse ce délai à fin 2005 pour les embryons
qui pourraient encore induire une grossesse, et à fin 2008 pour
ceux qui intéressent la science. L'objet, également combattu, a
passé par 90 voix contre 38.
L'initative "Stop OMG" déposée
Sept mois seulement après son lancement, l'initiative "Stop
OGM" a été déposée jeudi à Berne avec 121'322 signatures.
Elle demande un moratoire de cinq ans sur l'utilisation d'organisme
génétiquement modifiés (OGM) dans l'agriculture. L'initiative "pour
des aliments produits sans manipulations génétiques" se situe
dans le peloton de tête en terme de rapidité, ont indiqué ses auteurs.
Ils avaient en effet jusqu'au 18 août 2004 pour réunir les 100'000
signatures requises.
"Cela montre à l'évidence que le contenu de l'initiative
correspond à un besoin réel et qu'elle a trouvé un large écho favorable
auprès de la population", a indiqué la conseillère nationale
Maya Graf, présidente du Groupe suisse de travail sur le génie génétique.
François Nussbaum, l'agefi, 19.09.2003
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