Le génie biomédical lémanique tire un bilan après treize ans de collaboration.

Les résultats sont là. Mais il faut encore des moyens.

Le Programme commun de recherche en génie biomédical, lancé en 1999 par l'EPFL, les Universités et les Hôpitaux universitaires de Genève et de Lausanne touche à son terme. Les six équipes de recherche sélectionnées pour le programme, issues de domaines scientifiques distincts, ont présenté hier après midi à l'Université de Lausanne les résultats de leurs recherches. Certains relèvent, pour la recherche lémanique, d'avancées considérables. Ainsi signalons particulièrement les nouvelles connaissances acquises sur la localisation des fonctions dans le cerveau à l'aide des nouvelles technologies en imagerie fonctionnelle. A noter que ce projet a débouché sur la création d'un réseau de recherche dans cette technologie qui révolutionne déjà le milieu de la recherche scientifique. Mais aussi: les progrès accomplis pour réduire les complications neurologiques de la chirurgie cardiovasculaire (risques de pneumonie) ou le raccourcissement spectaculaire du temps nécessaire pour identifier les bactéries responsables des maladies infectieuses.

Regrouper et mettre en valeur les compétences des chercheurs lémaniques et tirer parti de la complémentarité de leurs travaux: tel était l'ambition de ce programme de trois ans. La formule, entamée en 1992 par un premier programme de six ans réunissant le CHUV, l'EPFL et l'Université de Lausanne, prend donc fin après dix ans de coopération. Les réseaux sont pourtant formés et la plupart des chercheurs, à l'instar du docteur Christian van Delden des Hôpitaux universitaires de Genève, continueront leurs travaux indépendamment de l'évolution de l'axe biomédical lémanique, qui reste aujourd'hui à l'état embryonnaire. En effet, comme le souligne Richard Guy de la section de pharmacie à l'Université de Genève, "le Fonds national, qui reste la source de financement principal de la recherche scientifique, soutient encore largement les projets de recherche appliquée. Orle génie médical, de par son caractère pluridisciplinaire, n'est pas toujours compatible à ce genre de travaux". Confronté à une focalisation peu fructueuse, le développement de l'activité génomique conduit donc aujourd'hui encore à une impasse. Jean-Jacques Paltenghi, responsable du comité de gestion du programme, se dit pourtant optimiste: "Cette expérience a prouvé que la collaboration interinstitutionnelle conduit à des résultats exceptionnels et amène chacun à se dépasser. L'avenir du génie biomédical est assurément dans la coopération régionale et internationale." Il suffit de lui accorder les moyens nécessaires...

Laetitia Kirianoff, La Liberté, 11.10.2002