OGM : où en est-on ?

La détermination des consommateurs a porté ses fruits. Actuellement on ne trouve pratiquement plus de produits OGM sur le marché suisse. Les clients n'en veulent pas, les commerçants ont donc renoncé toute velléité dans ce domaine. Mais les questions demeurent. Le point de la situation.

Le commerce alimentaire, Migros et Coop en tête, a renoncé momentanément à vendre des produits contenant des OGM. Les restaurants produits en Suisse s'approvisionnent en maïs, soja ou dérivés cultivés de manière traditionnelle. La pression des consommateurs partout en Europe a permis une séparation claire des filières.
Les tests effectués par les chimistes cantonaux l'automne dernier ont confirmé qu'il n'y avait pas d'infraction à la loi. Reste le problème de contaminations fortuites, toujours possibles surtout lors de transbordement de cargaisons (ports de Rotterdam, Amsterdam, etc.). Une étude commandée par l'OFSP a permis de bien situer les problèmes. Une vigilance accrue à toutes les étapes de la filière (double contrôle par analyse et certificats) devrait permettre d'assurer au consommateur que de telles contaminations demeurent exceptionnelles. Les résultats montrent aussi que la tolérance de 1 % pourrait être abaissée.

La balle chez les paysans

Il est clair que les plus grandes inconnues se situent au niveau de la culture des plantes OGM et de leurs effets sur l'environnement. Il est donc primordial que le principe de précaution s'applique, raison pour laquelle va débattre le Parlement lors de la prochaine session (voir encadré). Il est réjouissant de savoir que la majorité des paysans suisses a déclaré vouloir renoncer à la technique du génie génétique. Espérons que leurs dirigeants sauront être raisonnables et suivre les injonctions des citoyens. Dans la mesure où les exigences des consommateurs pour une traçabilité irréprochable et une connaissance des modes de production sont on ne peut plus claires, les milieux paysans ont aussi intérêt à renoncer à se fournir en fourrages OGM.

Rester actif

Ces constats sont réjouissants et ce n'est pas une mince victoire de voir que le droit au choix a été respecté. Pour garantir des produits sans OGM, la meilleure solution est d'en produire le moins possible. Les firmes et les vendeurs l'on compris. Mais pour combien de temps ?
Gardons à l'esprit que les OGM sont autorisés. Ils peuvent donc réapparaître n'importe quand sur le marché. La meilleure façon de réagir est de contrôler soi-même les étiquettes. Nous avons la loi la plus sévère en matière d'étiquetage puisque, contrairement à l'Europe, les additifs doivent aussi être signalés en Suisse. C'est à nous de montrer par notre détermination d'acheteurs si nous voulons ou non ces produits. Durablement.

Gen-lex au Parlement

Gen-lex - qui définit la politique suisse en matière de génie génétique - sera traité par les Chambres fédérales lors de la prochaine session en mars. Les enjeux sont importants, c'est pourquoi la FRC rappelle ses exigences:

  • La FRC s'est prononcée en faveur d'un moratoire sur les cultures d'organismes génétiquement modifiés. Cette interdiction, limitée dans le temps, concerne uniquement les cultures commerciales. Leur intérêt, leurs risques potentiels ainsi que leur applicabilité à l'exiguïté du territoire suisse sont à démontrer ; sans compter les questions morales et éthiques qui doivent encore être débattues. Par contre, les essais scientifiques doivent être encouragés, afin d'obtenir rapidement des données fiables et objectives.
  • En ce qui concerne les dommages qui pourraient résulter de la dissémination d'OGM dans l'environnement ou de leur consommation, la FRC soutient le projet d'étendre la responsabilité civile à 30 ans.
  • Enfin, la FRC demande aux députés de privilégier le principe de précaution. Favoriser le seul intérêt économique n'est pas visible, les questions sociales et écologiques doivent être considérées à leur juste valeur.

En bref

Les seules plantes concernées sont actuellement le soja et le maïs. Il n'y a pas de carottes, tomates, pommes de terre ou salades manipulées génétiquement. Cela existe aux Etats-Unis mais, là-bas aussi, la résistance des consommateurs se fait sentir.

Les produits bio sont par définition non manipulés. La filière très stricte et très contrôlée permet une garantie quasi totale de non-contamination.

Le maïs en grains, la polenta, les corn-flakes ne sont pas concernés, ni les germes de soja ou le toffu. Il s'agit de variétés non-OGM. Les variétés admises en Suisse comme OGM sont utilisées comme additifs (amidon, sucre, lécithine) ou comme nourriture pour le bétail. Selon nos renseignements, les fabricants s'approvisionnent actuellement uniquement en lécithine non-OGM.

Il faut rester vigilant surtout pour les produits importés des pays OGM (USA, Chine, Brésil, Argentine), et dans les petits magasins ou magasins de spécialités asiatiques. La présence d'OGM doit figurer automatiquement sur l'étiquette, même pour les additifs. Lisez la composition des tortillas, sauces soja et autres pré-cuisinés. Signalez-nous vos découvertes.

Pour d'autres réponses à vos questions, lire aussi la brochure Avec ou sans ? Les OGM dans l'alimentation, disponible gratuitement auprès de : WWF Suisse, ch de Poussy 14, 1214 Vernier (joindre une enveloppe C5 affranchie) ou service-info@wwf.ch

J'achète mieux, 28 février 2001