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La science et
gagnante, l'industrie veut l'être aussi
" En termes de parts de marché, les traitements issus de la biotechnologie constituaient 0,5 %
des ventes à la fin des années 80, ils en représentent 6 ou 7 % aujourd'hui ", explique
Gillian Woolett, vice-présidente de PhRMA, l'association américaine des fabricants et de la recherche
pharmaceutique. Et cette part ne va cesser d'augmenter, prédisent les spécialistes.
Les nouveaux remèdes
Ce n'est donc pas un hasard si Roche a transformé son Institut d'immunologie de Bâle - pourtant réputé
le meilleur du monde - en centre de recherche médicale sur le génome, ou si Novartis a décidé
d'investir dans le domaine 250 millions de francs ces dix prochaines années dans la recherche en génétique.
" Le public va voir de nouveaux remèdes arriver d'ici trois à quatre ans, et dans dix ans, ils
occuperont une place dominante dans les thérapies ", estime ainsi William Haseltine, PDG d'une société
pionnière du secteur, Human Genome Sciences.
" Les gènes vont être identifiés plus rapidement et de nouveaux traitements seront développés
encore plus vite ", confirme Charles Craig, porte-parole de BIO, l'association groupant les entreprises américaines
de biotechnologie. Le nombre de thérapies en développement, dérivées de la biotechnologie,
est ainsi passé de 81 en 1988 à 369 en 2000, selon PhRMA. Et il y a aujourd'hui quelque 65 thérapies
issues de la biotechnologie sur le marché, dont cinq signées Roche.
Les avis divergent malgré tous sur les bénéfices économiques que peuvent attendre les
utilisateurs de ces produits.
" Grâce à la technique génétique, on peut cibler plus précisément
le processus de développement d'un médicament et effectuer cette opération beaucoup plus rapidement
", et donc de façon plus économique, selon Richard Bergstrom, expert à l'association
américaine des scientifiques de la pharmacie.
Les outils restent chers
Pour d'autres responsables, les techniques de pointe utilisées restent néanmoins coûteuses.
Le véritable bénéfice économique des thérapies issues de la génétique
serait situé ailleurs. " Si vous aviez le moyen d'empêcher l'apparition de la maladie d'Alzheimer,
plutôt que d'avoir à traiter ses victimes, cela conduirait à d'énormes économies
pour la société en général ", imagine le Dr Haseltine. Cette dimension n'a pas
échappé aux investisseurs. Les titres des entreprises de biotechnologie ont connu récemment
des progressions, et des chutes, jamais égalées sur les marchés boursiers, à la mesure
des espoirs et des incertitudes que soulèvent leurs perspectives de croissance.
L'indice des valeurs de la biotechnologie sur le marché du Nasdaq a progressé de façon mesurée
jusqu'à début décembre. Il a ensuite bondi de plus de 140 % jusqu'en mars à la suite
d'une série d'annonces, à commencer par celle du décryptage du tout premier chromosome humain.
L'indice est depuis retombé de quelque 40 %, mais il attend le moindre prétexte, comme celui de l'annonce
du séquençage du génome dans l'ordre, pour repartir à la hausse, selon les analystes.
ATS, La Liberté, le 27.06.2000 |