OGM : Affaire du maïs transgénique - Le gouvernement consulte

Déjà polémique à lui tout seul, le débat sur le risque alimentaire des organismes génétiquement modifiés (OGM) n'a pas gagné à rebondir en pleine psychose de la vache folle.
Des ténors du Parti socialiste aux Verts, en passant par Greenpeace, on a assisté hier à une véritable surenchère médiatique sur les dangers de ce présumé fléau. La cause ? Une décision du Conseil d'Etat autorisant à nouveau la culture en France de trois variétés de maïs transgénique de la société Syngenta (ex-Novartis Seeds). Mercredi soir, cette autorisation des semences transgéniques - déjà validée par la Commission européenne et l'Etat français pour douze variétés de maïs - serait presque passée inaperçue… si les observateurs n'avaient réalisé, jeudi matin, qu'elle intervenait en plein divorce des Français avec le contenu de leur assiette. Pour éviter que le tumulte naissant ne se transforme en psychose généralisée, le gouvernement a décidé de frapper fort. Le ministre de l'Agriculture a ainsi annoncé hier après-midi que « le gouvernement français (allait) dresser un bilan des études réalisées sur les maïs génétiquement modifiés » et qu'il « appréciera si le principe de précaution conduit à revenir sur l'autorisation » du Conseil d'Etat.
L'institut national de recherche agronomique (Inra) précise de son côté qu'aucune menace sur l'homme n'a encore été démontrée, mais qu'il existe un doute sur la pollution environnementale que ces semences pourraient provoquer. Pour leur part, les producteurs de maïs ont rappelé quelques vérités que la psychose d'hier semblait avoir fait oublier : les Français ne cultivent pas de maïs transgénique (sauf 80 hectares à titre expérimental).

Le Figaro, 24 novembre 2000, Bérengère Mathieu de Heaulme