|
Universitaires opposés à l'initiative.
La CUS rejette l'initiative "pour la protection génétique"
Le 4 décembre 1997, la Conférence universitaire suisse s'est prononcée unanimement contre
l'initiative dite "pour la protection génétique". Ses conséquences seraient graves
pour la recherche et la formation en biologie et en médecine, en particulier dans les universités
qui assument près des trois quarts des projets de recherche utilisant le génie génétique.
En revanche, la CUS soutient la proposition du Conseil fédéral d'empêcher les abus potentiels
liés à l'utilisation du génie génétique par une réglementation stricte.
Danger pour la recherche...
L'initiative populaire "pour la protection de la vie et de l'environnement contre les manipulations génétiques"
prévoit des interdictions extrêmes dont les conséquences seraient graves pour la recherche
et la formation universitaires.
L'acceptation de l'initiative priverait en effet la recherche d'une technologie indispensable pour l'acquisition
de nouvelles connaissances du vivant, ce qui entraînerait l'extinction, en Suisse, d'une partie importante
de la recherche biologique et biomédicale. Elle compromettrait ainsi la place scientifique suisse précisément
dans des domaines où elle occupe une position enviable au niveau mondial tant pour la qualité que
pour l'impact de ses travaux.
Les universités seraient touchées en premier chef par ces interdictions, car elles assument, avec
les instituts de recherche affiliés, près des trois quarts des projets de recherche concernés.
...et la formation
L'abandon des recherches qu'utilisent le génie génétique affecterait du même coup
la qualité de la formation dans les domaines de pointe de la biologie et de la biomédecine. Une formation
solide dans ces domaines est cependant essentielle pour la surveillance et la régulation de ces techniques
et de leur application responsable.
Pour une utilisation responsable
La CUS est consciente des problèmes juridiques, sociaux et éthiques liés à l'utilisation
du génie génétique et des craintes qu'ils suscitent dans la population. Elle soutient donc
la proposition du Conseil fédéral de prévenir les abus potentiels par des dispositions législatives
strictes. Elle recommande en outre aux communautés scientifiques et universitaires d'adopter une attitude
responsable dans les utilisations qu'elles font des technologies génétiques en faisant preuve de
transparence dans leurs recherches et en faisant jouer les mécanismes de contrôle de la communauté
scientifique internationale.
La CUS recommande donc de rejeter l'initiative pour la protection génétique qui met inutilement
en danger la qualité de la recherche et de la formation universitaire. Elle soutient en revanche une législation
permettant une utilisation contrôlée, responsable et sûre de la technologie génétique.
Communiqué de presse, 9 janvier 1998
|