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Tir de gauche contre l'initiative sur la protection génétique
Contre la position officiel du PSS, une quarantaine de socialistes appellent au rejet du texte limitant la
recherche scientifique.
Dans une lettre ouverte à la direction du Parti socialiste suisse (PSS), communiquée lundi à
la presse, une quarantaine de membres dudit parti appelle à la "résistance de gauche" contre
l'initiative populaire sur la protection génétique, qui sera soumise au peuple le 7 juin. "Cet
appel intervient alors que les partis socialistes cantonaux discutent de la consigne de vote à donner sur
l'initiative. Nous espérons qu'il provoquera un débat profond au sein de chacun d'eux, c'est du moins
son objectif", explique le conseiller aux Etats Pierre Aeby (PS/FR), responsable de la coordination romande
des parties socialistes.
On savait les socialistes divisés sur le bien-fondé de l'initiative des écologistes qui
entend contrer l'essor du génie génétique. Le comité central du PSS l'avait certes
approuvée avec une forte majorité en août dernier, suivant en cela la position de la présidente
du parti, Ursula Koch et sa secrétaire générale, Barbara Haering Binder, membres du comité
d'initiative. Mais les parlementaires socialistes s'étaient montrés plus partagés à
son endroit.
Pierre Aeby est l'un des très rares Romands à avoir signé la lettre ouverte. La plupart
des signataires sont des scientifiques alémaniques, emmenés par le physicien Gian-Reto Platnner,
conseiller aux Etats de Bâle-Ville, à l'origine de l'appel, selon le Fribourgeois. Ils mettent en
garde contre une acceptation de l'initiative, qui, écrivent-ils, mènera "à des interdictions
totales, entravera la participation de la Suisse à la technologie, clef du génie génétique,
et empêchera une multitude de développements positifs en médecine". Ils affirment en outre
que le mot d'ordre du mois d'août du PSS "met en cause la politique européenne progressiste du
(parti) et ne reflète pas du tout une position générale des sociaux-démocrates européens
(. . .)" Le soutien officiel du PSS à l'initiative répond pour une grande part au refus du parlement
d'y opposer un contre-projet. Les signataires de la lettre le relèvent d'ailleurs, mais, en dépit
de leur compréhension, jugent cette attitude "difficilement concevable pour des raisons autant factuelles
que politiques".
Antoine Menusier, Le Temps - 24.03.1998
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