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Cent trente-huit parlementaires fédéraux font feu contre l'initiative
Feu contre l'initiative
Il ne faut pas interdire le génie génétique mais contrôler son développement.
Avec ses exigences extrémistes, l'initiative " pour la protection génétique " aurait
de graves conséquences sur la recherche, la médecine, l'agriculture et l'économie en Suisse
selon le comité suisse " contre l'interdiction du génie génétique ".
Ce comité s'est constitué hier à Berne. Composé de 138 représentants des
partis bourgeois, il a fait part de ses arguments contre l'initiative " pour la protection génétique
" devant la presse. Il a souhaité qu'elle soit soumise au peuple en juin, car elle a un " effet
paralysant ". De fait, l'initiative revient à interdire l'accès à la connaissance. Elle
empêche des développements importants et condamne la Suisse à une démarche en solitaire.
Aux interdits, le comité oppose une législation permettant de lutter contre les abus et un cadre
éthique, comme prévu par le Conseil fédéral et demandé par la majorité
du Parlement.
Le conseiller aux Etats et médecin Eric Rochat (PLS/VD) l'a dit clairement : " Il s'agit d'une initiative
pour bien portants ". Elle touche en effet surtout les secteurs de la santé et de la biologie, alors
que celui des produits alimentaires n'est que peu ou pas concerné.
Plus que la recherche industrielle, M. Rochat a estimé que c'est la recherche fondamentale et universitaire,
qu'on ne peut délocaliser, qui était menacée. En imposant l'obligation de recourir aux méthodes
anciennes, moins fiables et dévoreuses d'animaux de laboratoire, l'initiative fera s'effondrer toute la
recherche fondamentale en Suisse. L'initiative compromettrait les recherches sur les maladies incurables comme
le cancer, la maladie d'Alzheimer ou la mucoviscidose. Dans les hautes écoles suisses, plus de 1700 personnes
seraient directement touchées et 440 projets de recherche devraient être interrompus, a dit Hans Hengartner,
professeur à l'Université de Zurich.
Un pays qui a pour seule matière première la matière grise ne peut se payer le luxe de
renoncer à cette technique d'avenir. La conseillère aux Etats Helen Leumann (PRD/LU) a ajouté
que la perte de savoir-faire dans un domaine technologique clé menacerait jusqu'à 40 000 emplois
dans la recherche, l'industrie et les arts et métiers. Si la Suisse acceptait l'initiative, elle signalerait
son refus du progrès. " Un pays qui réagit avec peur et rejet à la nouveauté ne
peut pas constituer un pôle d'attraction pour l'économie "
Journal du Jura, 17.01.1998
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