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Des chercheurs
s'inquiètent d'un référendum "scientophobe" en Suisse
Dans un mensuel franco-québécois, deux scientifiques jugent dangereuse pour la recherche la votation
prévue en juin dans la Confédération helvétique, qui vise à interdire les expérimentations
génétiques.
Ce sont des voeux éminemment politiques que signent, dans leur éditorial de janvier, les professeurs
Michel Bergeron et Marc Peschanski, rédacteurs en chef du mensuel franco-québécois Médecine/Sciences.
Ces deux chercheurs expliquent vouloir alerter la communauté scientifique et, au-delà, l’ensemble
des personnes attachées à la notion de progrès, devant la considérable menace que ferait
peser sur la recherche biologique et médicale internationale le référendum d’initiative populaire
prévu en Suisse, le 6 juin. Objet depuis plusieurs mois déjà de toutes les angoisses dans
les laboratoires suisses, l’affaire est d’importance.
Ce référendum - ou votation - vise à interdire dans ce pays la création d’organismes
génétiquement modifiés, qu’il s’agisse de souris, de mouches, de vers ou de plantes, autant
d’outils essentiels à l’essor de la génétique moléculaire et, plus généralement,
de la biologie moderne. " Ce danger nous a paru suffisamment grand pour que notre revue s’engage résolument
aux côtés des scientifiques suisses dans leur combat contre ces mesures d’interdiction que nous ne
pouvons considérer que comme "scientophobes ", écrivent les professeurs Bergeron et Peschanski.
La Suisse, actuellement l’un des plus grands pays pour la recherche bio-médicale aussi bien que pour
l’industrie pharmaceutique, est ainsi menacée d’un recul scientifique et technique dont on ne peut sans
doute évaluer les retombées qu’en regardant celles - encore sensibles 50 ans plus tard - du lyssenkisme
en Ex-Union Soviétique. " Pour ces deux chercheurs-rédacteurs en chef, il s’agit ici d’un "
combat vital pour l’ensemble du monde scientifique".
Le Monde, 17.01.1998
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