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Une initiative
qui nuit aux intérêts agricoles, Deux initiatives à combattre.
En 1998, on votera l'initiative sur le génie génétique et l'initiative Baumann. Soyons
clairs, l'une et l'autre vont à l'encontre des intérêts agricoles.
Un progrès potentiel
Avec le génie génétique, l'agriculture a le cul entre deux chaises car elle consomme et
vend des OGM à la fois. C'est ce qui rend sa position difficile. Du point de vue strictement agronomique,
l'utilisation d'OGM peut s'avérer intéressante pour les paysans. Si aujourd'hui et dans nos conditions
le colza ou le maïs résistants aux herbicides totaux ou à la pyrale ne sont pas de grande utilité,
le raisonnement est différent pour la betterave. Et demain cette recherche encore balbutiante peut nous
proposer des variétés offrant un intérêt majeur : résistance au mildiou pour
la pomme de terre ; résistance au court-noué pour la vigne ; meilleure valorisation de l'azote pour
les blés. Qui voudrait s'en passer et pourquoi ?
Du point de vue économique et dans le cadre d'un marché plus ouvert, l'interdiction faite à
l'agriculture suisse d'utiliser de tels produits renchérira ses coûts de production et affaiblira
son pouvoir concurrentiel. Est-ce vraiment ce que l'on veut ? L'initiative interdit " la dissémination
d'organismes génétiquement modifiés dans l'environnement ". Elle prive l'agriculture
de ces progrès potentiels. Or, le paysan en tant que producteur ne doit pas se couper de techniques susceptibles
d'améliorer sa productivité ainsi que la qualité et la spécificité de ses produits.
Intrants à contrôler
Comme le consommateur de grandes surfaces, l'agriculteur a le droit à la transparence, au contrôle
et à la sécurité. Il doit être parfaitement informé afin d'avoir la liberté
d'acheter ou non une semence ou une variété OGM. Il doit être sûr que ce qu'il acquiert
est sans danger pour son
exploitation et les exploitations voisines. Il doit pouvoir compter sur une procédure d'homologation
qui lui garantisse que l'OGM a bien les qualités que le vendeur lui attribue, comme il doit être assuré
qu'en cas de dommages directs résultant de l'utilisation de ce matériel, le fournisseur soit civilement
responsable.
L'initiative n'apporte pas de solutions à ces demandes, sinon l'interdiction.
Claude Quartier, Agri, 29.11.1997
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