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Oui à une biotechnologie et à un génie génétique responsables - Non à l'initiative pour l'interdiction du génie génétique. Adoptée par le congrès de Berne "Oui à une biotechnologie et à un génie génétique responsables - Non à l'initiative pour l'interdiction du génie génétique" Berne, le 31 octobre 1997 Ed.: ForumGEN, pour une biotechnologie et un génie génétique responsables, case postale 6276, 3001 Berne / Génie génétique - un don de la nature, case postale 3085, 1211 Genève 3. Préambule "La compétitivité au sens large, la capacité de résoudre ses problèmes et, en dernier ressort, la prospérité et l'identité d'un pays seront conditionnées dans l'avenir par la capacité et la volonté de ses citoyens de transformer l'information en connaissance, d'enrichir la connaissance et de traduire cette connaissance en un comportement responsable. Toute dépense engagée dans ce but est un investissement dans la maîtrise des défis d'un avenir incertain." Prof. Verena Meyer |
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1. Recherche La biotechnologie et le génie génétique sont issus des travaux de recherche sur les plus petits éléments de la vie que la science a découverts ces dernières décennies. Leur champ d'application, aujourd'hui très vaste, va de la médecine (développement et production de médicaments, méthodes de diagnostic, mise au point de nouvelles thérapies) à l'agriculture (production de denrées alimentaires), en passant par la protection de l'environnement. Jour après jour, les chercheurs du monde entier apportent de nouvelles pierres à l'édifice de la connaissance. Tôt ou tard, le savoir ainsi acquis trouve une application dans le domaine de la santé, de l'alimentation ou de la technique. Les progrès de la connaissance en biotechnologie et en génie génétique sont le fruit d'échanges continus entre recherche fondamentale et recherche appliquée, d'un accroissement des investissements privés et publics et d'un travail compétent et responsable des chercheurs en Suisse. Il ne faut pas entraver la science et la recherche de manière arbitraire. C'est de l'oppression et de son corollaire, la dissimulation, que naissent les abus. Les interdictions excessives et les obstacles dénués de fondements scientifiques, qui entravent les chercheurs, se traduisent toujours par une diminution de la qualité de la formation scientifique et médicale dans les universités et les hôpitaux et par un appauvrissement du tissu industriel et économique. C'est pourquoi la Convention de Berne dit OUI
C'est pourquoi la Convention de Berne dit NON
Mais la Convention de Berne doit dire également NON à une recherche sans limites éthiques et législatives. |
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2. Ethique La biotechnologie et le génie génétique s'inscrivent naturellement dans l'histoire des sciences biologiques modernes. Leur utilisation responsable obéit à des principes éthiques: protection de la dignité humaine, de la personnalité et de la famille; utilisation responsable du patrimoine génétique humain, animal et végétal; sécurité de l'homme, de l'animal et de l'environnement; protection de la dignité de la créature. Les bases juridiques actuelles assurent le respect de ces principes fondamentaux inscrits dans la Constitution. L'éthique est une notion dont le contenu varie selon les époques, les cultures, les religions et les sociétés. La biotechnologie et le génie génétique ne sauraient être, par leur nature, contraires à l'éthique. Ce sont la manière dont ces techniques sont utilisées et le contexte de leur application qui sont déterminants. Les applications doivent être examinées cas par cas, à l'aune des valeurs éthiques. Le législateur a la tâche ardue d'empêcher les abus et de définir un cadre éthique tout en permettant les applications souhaitables et nécessaires. Dans le débat public sur l'utilisation des nouvelles technologies, l'éthique n'a pas à considérer uniquement ce qu'il est permis de faire ou non. Elle doit aussi demander s'il n'est pas coupable d'entraver, voire d'interdire des développements, en particulier quand ils peuvent déboucher sur des applications médicales utiles aux malades. Interdire la biotechnologie et le génie génétique, en tant que méthodes innovatrices, et entraver la recherche fondamentale en biologie moléculaire serait ainsi contraire à l'éthique médicale et scientifique. C'est pourquoi la Convention de Berne dit OUI
C'est pourquoi la Convention de Berne dit NON
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3. Médecine La médecine a pour devoir de prévenir, dépister et soigner les maladies. Souvent, la prévention se fait à l'aide de vaccins qui immunisent le corps contre des agents pathogènes. La biotechnologie et le génie génétique nous permettent de mieux comprendre la composition des agents pathogènes et le fonctionnement du système immunitaire. Il devient ainsi possible de rechercher, mettre au point et fabriquer de nouveaux vaccins. Aujourd'hui, quatre vaccins sûrs produits par génie génétique sont commercialisés. Le besoin de ces vaccins d'un genre nouveau, en médecine humaine et vétérinaire, se fait sentir jusque dans les pays du tiers monde. En matière de dépistage, la biotechnologie et le génie génétique ont permis le développement de nouveaux tests à la fois plus rapides et plus précis. Le diagnostic génétique permet, quant à lui, de déceler à un stade précoce la prédisposition à certaines maladies. De nouvelles méthodes de traitement, qui auraient été inconcevables sans la biotechnologie et le génie génétique, sont actuellement en phase d'étude. Vingt-six médicaments produits par génie génétique sont d'ores et déjà homologués. Dans quelques années, la médecine disposera, pour soigner les maladies, d'une panoplie de nouveaux médicaments, de nouvelles thérapies (thérapie génique somatique) et de nouveaux tests diagnostiques. La biotechnologie et le génie génétique sont indispensables pour comprendre des maladies telles que le cancer, le sida, la maladie d'Alzheimer, les maladies du système cardio-vasculaire, la sclérose en plaques, la mucoviscidose, la polyarthrite chronique, la maladie de Creutzfeld-Jakob ou d'autres maladies à prions, ou encore les maladies tropicales. Le recours à ces techniques conditionne tout progrès décisif dans la mise au point de traitements. La médecine porte envers les malades la responsabilité morale de rechercher et comprendre les causes des maladies encore incurables pour, un jour, pouvoir les traiter. A cette fin, elle a absolument besoin des animaux transgéniques comme modèles de maladies. Ils permettent d'accélérer les recherches, d'étendre ou de confirmer des connaissances et même de réduire le nombre des expérimentations animales nécessaires. C'est pourquoi la Convention de Berne dit OUI
C'est pourquoi la Convention de Berne dit NON
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4. Alimentation et agriculture Des recherches poussées, associées aux progrès constants de la biotechnologie et du génie génétique ouvrent des perspectives nouvelles dans l'agriculture: préservation des récoltes, amélioration des produits agricoles sur le plan qualitatif et nutritionnel, diminution des pertes et récoltes dans l'agriculture et l'industrie alimentaire, résistance accrue des plantes aux parasites et aux maladies, d'où une diminution bénéfique pour l'environnement de la quantité de pesticides utilisés. D'ici à 2020, les besoins alimentaires vont doubler dans le monde. Dans le même temps, pourtant, les surfaces agricoles utiles resteront constantes ou s'amenuiseront en raison de la désertification et de l'urbanisation. La biotechnologie et le génie génétique peuvent contribuer à lutter contre la faim et les maladies dans le tiers monde s'ils sont accompagnés de mesures sociales, politiques, économiques et structurelles. Dans les régions peu développées, les agriculteurs pourront être intéressés par des plantes résistant aux agents pathogènes et aux insectes, ou capables de pousser dans des conditions climatiques et géologiques difficiles. Aujourd'hui déjà, la médecine vétérinaire dispose de vaccins produits par génie génétique contre la rage et la peste bovine. En Suisse, la culture de plantes génétiquement modifiées permettra de réduire l'utilisation de produits phytosanitaires et d'engrais. Les coûts de production pourront être réduits tout en protégeant davantage l'environnement. En médecine vétérinaire, la biotechnologie et le génie génétique permettront de réduire l'utilisation de médicaments, mais surtout de développer des vaccins contre des maladies virales et des infections parasitaires. Les méthodes de génie génétique dans la production de denrées alimentaires sont un prolongement, un perfectionnement des procédés biologiques classiques utilisés depuis longtemps. Elles permettent d'améliorer la production, le produit lui-même et le bilan écologique. Actuellement, les chercheurs s'efforcent d'augmenter la qualité, la durée de conservation et la valeur biologique des produits agricoles et d'accroître le rendement des récoltes: la biotechnologie et le génie génétique permettent cette amélioration dans un laps de temps plus rapide que les techniques de culture conventionnelles. C'est pourquoi la Convention de Berne dit OUI
C'est pourquoi la Convention de Berne dit NON
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5. Economie La biotechnologie et le génie génétique sont aussi indispensables à la science qu'à l'économie. Leur importance croissante en fera des technologies clés du vingt-et-unième siècle. Leur potentiel économique est comparable à celui de la puce électronique. La biotechnologie et le génie génétique ouvrent de nouvelles perspectives à notre pays. Mieux vaut donc les encourager plutôt que les entraver. La Suisse doit maintenir et renforcer la position de force qu'occupent sa recherche et son industrie. Elle tirera de ses efforts des avantages économiques, écologiques et sociaux qui profiteront aux générations à venir. Les industries chimique, pharmaceutique et alimentaire de notre pays sont particulièrement actives dans la recherche. S'étant préparées depuis longtemps, elles recèlent un potentiel de croissance considérable et se sont assuré une bonne place, aussi bien en matière de recherche que de valorisation économique, des découvertes biotechnologiques. Les dix à vingt prochaines années devraient voir, en particulier dans les petites et moyennes entreprises, des innovations majeures dans la médecine, la pharmacie, l'agriculture et l'écologie. Si elles veulent pouvoir rivaliser avec l'Europe, les Etats-Unis et le Japon, les entreprises suisses auront besoin d'un climat politique favorable et de bases juridiques fiables, au moins comparables à celles de ces autres pays. La Suisse pourra ainsi continuer à attirer les investissements nécessaires. C'est pourquoi la Convention de Berne dit OUI
C'est pourquoi la Convention de Berne dit NON
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6. Réglementation L'évolution de la biotechnologie et du génie génétique s'est toujours accompagnée du souci de veiller à la sécurité. En Suisse, un article constitutionnel et toute une série de prescriptions garantissant le respect de cet objectif. Pourtant, une partie de la population continue à avoir peur du génie génétique. Elle s'inquiète autant pour la sécurité biologique que des conséquences à moyen et à long termes sur l'homme et l'environnement. Nombreux sont donc ceux qui demandent de ne recourir à la biotechnologie et au génie génétique que si tous les risques sont écartés. Or, aucun domaine scientifique nouveau, aucune technologie nouvelle, ni aucune activité humaine n'est en mesure de satisfaire cette exigence. Il faut donc évaluer scientifiquement et objectivement la part respective des chances et des risques de la biotechnologie et du génie génétique et les discuter avec le public. Ces technologies doivent être évaluées et traitées, sur le plan juridique, de la même manière que les autres technologies nouvelles. Le législateur doit faire face à des exigences et à des attentes élevées, en partie contradictoires. D'abord, il doit permettre d'exploiter les atouts de cette technologie moderne pour le bien de l'humanité. Ensuite, conformément au mandat constitutionnel, il doit tenir compte de la sécurité de l'homme, de l'animal et de l'environnement et prévenir les abus. C'est pourquoi la Convention de Berne dit OUI
C'est pourquoi la Convention de Berne dit NON
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Le droit suisse permet de breveter les innovations dans tous les domaines de la technique, biotechnologie et génie génétique compris. Pour qu'un brevet puisse être octroyé, il faut que le produit soit nouveau, qu'il corresponde à une invention et qu'il trouve une application industrielle. Le brevet est une protection juridique de la propriété intellectuelle, limitée dans le temps et restreignant l'utilisation commerciale d'une invention par des tiers. Les brevets contribuent à diffuser les connaissances, favorisent le transfert de technologies et permettent de cibler les recherches. Les documents publics sont essentiels pour garantir la transparence et le contrôle efficace de la nouvelle technologie, de ses applications et de ses résultats. La protection des inventions par des brevets favorise les investissements dans la recherche et facilite le développement de médicaments nouveaux. C'est vrai pour la recherche privée (en particulier les PME) et pour la recherche publique (universités, instituts de recherche). La possibilité de breveter des procédés et des produits de biotechnologie et de génie génétique encourage les technologies clés face à la concurrence internationale. Une bonne législation sur les brevets est un atout pour un pays. Quant aux brevets eux-mêmes, ils contribuent à la réputation scientifique d'un pays. Le brevet ne confère pas un droit illimité et absolu. Il ne porte pas sur l'organisme transgénique, mais sur l'invention qui lui est incorporée. Il n'est pas question de breveter la vie, mais de protéger des solutions techniques. C'est pourquoi la Convention de Berne dit OUI
C'est pourquoi la Convention de Berne dit NON
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L'article 24novies de la Constitution, adopté par le peuple et les cantons en 1992, régit au 1er et 2e alinéas tous les aspects de la biotechnologie et du génie génétique dans le domaine humain. Le 3e alinéa fixe les compétences dans le domaine non humain. Cette réglementation est suffisante au niveau constitutionnel. Elle ne fait pas de la biotechnologie et du génie génétique de cas spéciaux et reprend le principe éprouvé de la lutte contre les abus. Le Conseil fédéral et le Parlement ont refusé d'inscrire de nouvelles prescriptions au niveau constitutionnel, tout comme ils ont rejeté l'idée d'une loi sur le génie génétique. La biotechnologie et le génie génétique sont en effet des branches pluridisciplinaires. Il faut édicter des règles lorsque cela est nécessaire. La Suisse a donc choisi de réviser les lois concernées, les procédures d'autorisation, les prescriptions de sécurité et les accords internationaux. La solution choisie est efficace et acceptable. A l'instar des pays voisins, de l'Union européenne, des Etats-Unis et du Japon, la Suisse renonce à poser des interdits injustifiés. Sur certains points, la législation suisse est plus restrictive que le droit européen et international; elle est même en avance dans quelques domaines. Le programme Idagen, lancé en 1993, se compose de neuf projets législatifs. Il prévoit des adaptations de lois, d'ordonnances et de règlements et la création de commissions de coordination et d'éthique (loi sur la médecine humaine, analyse du génome, épidémies, produits chimiques, protection de l'environnement, denrées alimentaires, animaux, travailleurs, brevets). Le programme Idagen est déjà en grande partie réalisé. Une intervention parlementaire, la motion Gen-Lex, a chargé le Conseil fédéral d'examiner la législation en vigueur dans le domaine non humain afin d'y déceler les éventuelles lacunes et insuffisances, ainsi que les adaptations souhaitables. La procédure de consultation concernant les modifications de lois devra être ouverte en 1997 au plus tard. L'examen de la législation portera en particulier sur l'utilisation durable des ressources naturelles, la dignité de la créature, la responsabilité civile et les modalités de la déclaration des produits OGM. C'est pourquoi la Convention de Berne dit oui
C'est pourquoi la Convention de Berne dit NON
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"Nous, devons réfléchir aux conséquences éthiques et morales de notre travail et prendre au sérieux les craintes de nos concitoyens. Dans cette optique, nous devons constamment évaluer la portée de nos découvertes sur l'homme et sur sa dignité. En gagnant en transparence, la science aide ce processus à mûrir, même si cette démarche peut paraître inconfortable à certains. La science doit être une science de l'homme au service de l'homme".
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| La Convention de Berne - version abrégée | |